Lisboa meu amor, Carlos Mendes

Lisboa, alr © 2011

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Lisboa tem um vestido azul feito de mar e guerra. E cheira a laranjas maduras.
Quando as gaivotas trazem no bico os primeiros pedaços de sol para acender o dia, Lisboa deixa correr os cabelos pelo Tejo e o Povo pelas ruas.
À mesma hora, a coragem agita no sangue duas grandes asas inquietas.
Por todas as janelas destruídas, já o mar entrou, derrubando acácias cantando hinos de espuma.
E porque toda a coragem é necessária, toda a esperança é legítima.

Chamar-te a ti, Lisboa, camarada,
e depois, eu sei lá, enlouquecer.
Que a loucura é quase um grão de nada
e tu tens um nome de mulher.

Ou dizer que és a minha namorada.
Devagar. Não vá alguém saber
que fizemos amor de madrugada
e tu trazes um filho por nascer.

Se eu inventar de noite a liberdade
de poder beijar-te os olhos e morrer,
no teu ventre não há fado nem saudade
mas apenas os filhos que eu fizer.

E pode ser que eu guarde a tempestade
de ter que aqui ficar. E então dizer
que sobre a minha boca ninguém há-de
pôr rosas de silêncio, se eu quiser.

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Lisbonne a une robe faite de mer et de guerre. Et sent les oranges mûres. Lorsque les mouettes apportent dans leur bec les premiers morceaux de soleil pour allumer le jour, Lisbonne laisse courir ses cheveux sur le Tage et le peuple par les rues.

À la même heure, le courage agite dans le sang deux grandes ailes inquiètes. La mer est entrée par toutes les fenêtres détruites, dérobant des acacias chantant des hymnes d’écume.

Et puisque tout courage est nécessaire, tout espoir est légitime.

T’appeler à toi, Lisbonne, camarade,
Et après, je ne sais pas, devenir fou.
La folie est une graine de presque rien
Et toi tu as le nom d’une femme.

Ou dire que tu es ma fiancée.
Doucement. Il ne faut pas que l’on sache
Que nous avons fait l’amour à l’aube
Et que tu portes un fils à naître.

Si j’inventais la nuit la liberté
D’embrasser tes yeux et puis de mourir,
Dans ton ventre il n’y a ni fado ni nostalgie
Mais seulement les fils que je ferais.

Et il se peut que je garde la tempête
De devoir rester ici. Et alors dire
Que sous ma bouche personne ne posera
Des roses de silence, si je le veux.

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Joaquim Pessoa   –   Carlos Mendes

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Fin du jour

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alr © 2012

 Le jour s’endormait et je ne me souviens plus de leurs visages. Ni de leurs mots. Lourds et inutiles, saignant de rires moqueurs. Que le vent semblait écraser contre les rochers. Jusqu’à ce qu’un paisible silence vienne saluer la fin du jour.

C’était un grand silence. Un profond silence. Rythmé par le murmure des vagues.

Et je suis resté là. Accroché à ce silence. Et j’ai oublié ma solitude.

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O dia adormecia lentamente e já me esqueci dos rostos deles. E das palavras que diziam. Pesadas e inúteis, sangrando gargalhadas de ironia. Que morriam esmagadas contra as rochas. Até que um manso silêncio apareceu para cortejar o fim do dia.

Era um grande silêncio. Um profundo silêncio. Que balancea ao ritmo do murmúrio das ondas.

E eu deixei-me ali ficar. Braço dado com o silêncio. E esqueci-me da minha solidão.

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