Ne plus jamais faire de promesses

Sept heures du matin. Hall d’aéroport. Je pars. Enfin, pas exactement. Je m’absente. Un peu. Juste un peu. Ailleurs. Le temps de respirer le vent. Le parfum des fleurs sauvages. De voir la mer. De me promener dans le sable. De contempler le temps qui passe, emprisonné dans ses secrets.

Un hiatus dans la folle course des jours. Oublier la grisaille de tous ces mots inutiles. Qui blessent. Oublier toutes ces gens qui s’inventent des chagrins. Chaque jour. Pour se donner le droit d’être malheureux. Pour avoir la légitimité de parler d’eux. Sans jamais vouloir rien savoir des autres.

Et puis surtout. Me faire la promesse de ne plus jamais faire de promesses.

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Sete da manhã. Hall de aeroporto. Estou de partida. Enfim, maneira de dizer. Apenas me ausento. Um pouco. O tempo de ir respirar o vento. O perfume das flores selvagens. Ir ver o mar. Passear na areia. Contemplar o temp que passa, prisioneiro dos seus próprios segredos.

Um interlúdio na loucura dos dias. Esquecer as palavras inúteis. Que ferem. Esquecer todas essas pessoas que tricotam tristesas. Dia após dia. E reindivicam o direito de serem infelizes. Para terem a legitimidade de poder falar delas. Sem nunca quererem saber nada dos outros.

E sobretudo. Prometer-me que nunca mais farei promesses.

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alr © 2011

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14 Responses to Ne plus jamais faire de promesses

  1. LiseNY says:

     » Oublier toutes ces gens qui s’inventent des chagrins. Chaque jour. Pour se donner le droit d’être malheureux. Pour avoir la légitimité de parler d’eux. Sans jamais vouloir rien savoir des autres. »
    Tout un thème, j’ecrirais toute une nouvelle sur ces trois lignes, ArRi, je te retrouve là tout entier avec ta sensibilité, ton empathie – et le soufflet pris en pleine figure lorsque tu t’aperçois que leurs chagrins sont inventés, et que ces gens t’ont volé un temps précieux, et un bout de ton coeur.
    Pareil pour moi : je ne sais pas si c’est mon temps perdu à les écouter, à leur répondre, à les soutenir, qui me met le plus en rage ; ou leur monstrueux égoisme ?

  2. Sacrip'Anne says:

    Très beau texte, dis donc. Je ne saurais dire pourquoi, moi qui promets (et qui tiens !) beaucoup à ma fille, mais ça me parle…

  3. telophase says:

    Ne jamais rien oublier…c’est la mémoire qui nous permet de nous améliorer surtout en ne répétant pas les mêmes erreurs, ce serait trop de temps perdu. Pardonner oui , si on en a envie mais pourquoi oublier? Un bon « disque dur » dont les documents sont bien répertoriés et bien classés permet de s’orienter plus facilement dans la vie, avec plus de sérénité et de sagesse.

  4. M. says:

    Les chagrins s’invitent, les chagrins s’inventent, les chagrins se dissipent à la pointe du stylo qui invente les mots et viennent les lettres aux timbres souriants qui ouvrent les boites à chagrin.. et ça recommence ..comme les promesses que l’on fait ou ne veut plus faire et l’on repart en voyage, en vrai ou en blog.. mais toujours on veut savoir les autres, ça oui!

  5. colo says:

    Cette photo me fait grand plaisir. Un fois par an je me rends en Belgique et à l’approche de Bruxelles, souvent gris, c’est vrai, tant de souvenirs…on n’efface jamais 20 ans de vie.
    Joyeux sable-mer alors!

  6. Obni says:

    C’est une vue aérienne de quelle ville ?

    • ArRi says:

      Bruxelles. L’édifice en forme d’étoile est le bâtiment de la Commission européenne, puis on voit le parc du Cinquantenaire.
      Bonne journée et merci.

  7. gballand says:

    Votre post me remet en tête « navegar navegar » de Fausto…
    Oublier, dites-vous, croyez-vous cela possible ?

    • ArRi says:

      J’adore cette chanson de Fausto. Oublier?… Non, je ne crois pas que ce soit possible. D’ailleurs nous voyageons toujours sans jamais quitter les lourds bagages de nos souvenirs…
      Un grand merci.

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